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    Haut de la rue Nationale :
    abattage d'arbres et pousse de cubes Hilton

    Les dégâts colatéraux du tramway de Tours
    Adresse courte : http://www.pressibus.org/ruenationale

    Cette page est en partie
    reprise dans le livre
    "Tours et ses arbres
    qu'on ne laisse pas grandir"
    Le livre




    1ère enquête publique 2014 : voir sur cette page voisine
    2ème enquête publique 2014 : voir sur cette autre page voisine

    Tours, le 12 décembre 2010
    Un patrimoine arboré de 170 arbres

    Il n'y a pas d'arbres rue Nationale... sauf derrière les immeubles. La mairie veut réaménager les deux îlots de maison situés près de la place Anatole France. Connaissant les habitudes municipales (voir pages voisines, par exemple le quartier des casernes Beaumont-Chauveau ici), il est à craindre que les arbres en place soient ignorés et qu'ils soient abattus pour la plupart.

    Commençons par quelques photos montrant ces arbres. On peut distinguer 3 zones arborées, deux à l'Est, une à l'Ouest.

    [A] A l'Est, le "jardin" Prosper Mérimée, en fait un parking avec 52 érables sur 4 rangées.


    [B] A l'Est, derrière l'église Saint Julien, le square Prosper Mérimée, avec environ 50 arbres et arbustes, dont une douzaine de grands arbres.


    [C] A l'Est, le "jardin" François 1er, en fait un parking avec 70 érables.


    Voici un plan Google Map 2008 (cliquez pour agrandir) montrant les deux îlots Ouest, à gauche et Est à droite qui seront reconstruits, avec les annotations des trois zones boisées |A], [B], [C] :



    Rappels historiques

    En 1940, suite aux bombardements allemands sur la ville, un grand incendie dévasta le secteur sauvegardé, dont les deux îlots concernés, exceptée l'église Saint Julien. Dans l'ouvrage collectif "Regards sur l'agglomération tourangelle" (1980, 1982), René Perrin pointe les dégâts de la reconstruction et de l'urbanisation de l'après-guerre :
    La reconstruction qui se situe dans une période de développement euphorique de la circulation automobile, s'est efforcée de favoriser la pénétration du centre et la majeure partie des espaces libres a été transformée en parkings. C'est ainsi que le cœur des îlots reconstruit a été systématiquement macadamisée de façon à pouvoir recevoir des voitures. Les places, comme par exemple celle de la Résistance, ont été conçues comme des parkings, les espaces verts soigneusement comptabilisés par le Service Municipal, y sont réduits à une rangée d'arbres et à quelques massifs disposés sur le pourtour de l'aire centrale, qui, elle, est entièrement livrée à l'automobile. Certains de ces espaces ont été baptisés squares ou jardins alors que la fonction parking y est prédominante. […] Ce mode de traitement s'est étendu au delà du secteur de reconstruction, aussi bien dans le tissu ancien réhabilité que dans les zones de rénovation.

    C'est bien dans ce cadre là que se situent les îlots Est et Ouest concernés par l'enquête. On part donc d'une structure d'espaces verts très réduite, où deux grands parkings bitumés avec des érables sont appelés "jardins".

    Au début des années 2000, la grande place Anatole France voisine a déjà été rénovée, avec construction d'un parking souterrain, maintenant géré par la multinationale Vinci. Ce fut l'occasion d'abattre environ 70 érables, la moitié d'entre eux n'étant pas du tout concernée par le parking. Puis le PADD de 2009 avait annoncé que le nouveau "haut de la rue Nationale" accueillerait "un Centre d'Art Contemporain, un hôtel haut de gamme et des commerces". "L'ensemble du projet renforcera l'image culturelle et touristique de la ville tout en redonnant au haut de la rue Nationale l'aspect qui était le sien avant guerre". Ce projet était l'un des vingt du PLU de 2010.

    Après avoir conquis très en profondeur le sous-sol, le maire veut donc construire très haut vers le ciel. Deux tours voulues emblématiques sont prévues. Mais avec la restructuration de cette place Anatole France et des commerces voisins de la rue Nationale, avec aussi la suppression des parkings intérieurs, la contestation apparaît très large puisque même des professionnels de l’hôtellerie ne suivent pas. Ils contestent l’utilité d’ériger de nouveaux hôtels grands standing à cet endroit décentré, en une offre qui apparaît trop ambitieuse pour la demande. Le commissaire-enquêteur du PLU a souligné l'opposition de la population à ces tours. La mairie a répondu par un bras d'honneur en confirmant son projet (cf. ici).

    L’argumentaire présentant le projet signalait le dégagement de l'église Saint Julien, actuellement presque enfouie et vraiment négligée lors des reconstructions des années 50. Il est certes difficile de faire pire, et les Tourangeaux sont sensibles à sa remise en valeur. Toutefois, il n’est pas certain qu’elle bénéficie de la proximité de deux tours "kitch" si typique des grands bâtisseurs. Pour ce qui est de la nature il faut craindre qu’on rase l'existant pour préférer des oliviers et palmiers en pot, voire des jardins suspendus. De l’autre coté au nord de la Loire sur la Place Choiseul le maire a fait abattre les 14 tilleuls centenaires pour le simple fantasme esthétique de "minéralisation" de l’espace (ici). Là, au sud sur la vaste Place Anatole France, son projet semblait ouvertement pharaonique, un genre de petit "Dubaï" sur Loire…

    Depuis le PLU, l'opacité était de mise, on ne savait pas grand chose. Au conseil municipal du 22 novembre 2011, on apprenait que le projet d'aménagement du haut de la rue Nationale serait présenté au conseil municipal de mars 2012, une fois l'aménageur désigné. Jusqu'à ce qu'arrive cette inattendue enquête publique...

    Pourquoi n'en a-t-il pas été question plus tôt ? Il semble bien que ce soit pour l'occulter au maximum. La municipalité ne consulte les citoyens que parce qu'elle y est obligée, "la procédure est stricte" comme dit la NR. Elle dit aussi qu'il s'agirait "de gagner du temps" et que "les documents que le public peut consulter n'évoquent pas des projets aboutis", seulement des "potentialités".

    Qu'est-ce qui se trame ? Une mauvaise surprise avec un bouleversement complet vers un "Dubaï sur Loire" ou une bonne surprise avec un réaménagement prenant en compte l'existant et l'améliorant, notamment en respectant la cachet des pierres blanches et des toits d'ardoise à hauteur raisonnable et en améliorant les espaces verts, puisque nous avons un PADD/PLU qui favorise le développement de la trame verte (voir ici) ? Cette enquête publique doit nous apporter des éléments de réponse.


    Une enquête publique en catimini

    A Tours, la municipalité Germain a pour habitude de positionner les enquêtes publiques durant des grandes ou petites vacances, de les présenter comme une formalité, d'en parler le moins possible, de réduire sa durée au minimum d'un mois, de ne mettre les dossiers sur Internet qu'avec retard, d'avoir des commissaires enquêteurs peu disponibles qui finalement disent oui-oui au projet et, si par mégarde ils ont quelques remarques désagréables, de ne pas en tenir compte (Cf. tramway ici ou PLU là).

    Cette enquête ne déroge pas à la tradition anti-démocratique, avec quelques variantes. Sa durée est minimale d'un mois, elle est organisée pendant les vacances d'hiver, du 12 décembre 2011 au 12 janvier 2012, on apprend son existence par le quotidien local La Nouvelle République (NR) que deux jours après son lancement. Son accès n'est pas indiqué à la mairie et on doit suivre un jeu de piste pour arriver au bon bureau. Les dossiers ne sont pas sur Internet, le commissaire-enquêteur ne sera présent que durant trois demi-journées.

    J'y suis allé le 20 décembre, il n'y avait qu'une demi-dizaine de dépositions, surtout par des commerçants qui essayaient de comprendre ce qu'il leur adviendra. J'ai demandé à ce que les dossiers soient mis sur Internet. On verra si je suis entendu.

    Quant à l'article de la NR, il est très tronqué sur le site du journal ici. Le voici en entier, en deux parties, la première (avec notamment l'indication des horaires et les façons de s'adresser au commissaire-enquêteur) et la seconde.


    Un nouveau saccage végétal

    Après une consultation rapide des dossiers, mon impression est mitigée, disons que c'est un peu moins pire que je ne le craignais, tout du moins à cette étape d'avancement. Les "bons" côtés portent sur le bâti, je ne vois pas s'ériger un "Dubaï sur Loire", la hauteur maximum semble être de sept étages.

    Les mauvais côtés, une fois de plus à Tours, portent sur le végétal. D'après ce que j'ai compris, et les dossiers ne sont pas du tout explicites à ce sujet, les zones [A] et [B]sont détruite et aussi un gros tiers de la zone [C]. C'est donc un nouveau saccage de notre patrimoine arboré. seuls 41 des 73 érables de la zone [C], seraient gardés, et encore ce n'est pas sûr, il peut y avoir des abattages est des replantations ai même endroit, on l'a déjà vu, notamment huste à côté, place Anatole France.

    Il n'y a donc aucune volonté de protéger et développer le patrimoine végétal existant. Je ne vois que des régressions. Les 170 arbres et arbustes actuels, pour la plupart soixantenaires, deviendraient 80 arbres et arbustes et arbrisseaux, pour la plupart très jeunes. Le fait que de nombreux érables soixantenaires soient cabossés par des pare-choc de voiture n'est pas une excuse pour les supprimer tous. Du côté de la rue Nationale, je ne vois aucune plantation, les arbres exotiques en pot vont continuer à "valoriser" de façon déplorable notre val de Loire. L'orientation de développement de la trame verte du PADD/PLU est donc, une nouvelle fois, lettre morte.

    En ce qui concerne les bâtiments, je trouve qu'ajouter des tours parallélépipédiques au milieu des immeubles ardoisés aux toits pointus est de très mauvais goût.


    Plus en détail

    (Cliquez sur les liens) Voici :
    1. les deux îlots dans l'état actuel.
    2. le plan d'ensemble de l'îlot Est (on vout que [A] a disparu, [B] est encore là), le plan d'ensemble de l'îlot Ouest ([C] sont encore là), avec légendes 1 et légendes 2. Et, réunissant les 4 vues, voici une vue d'ensemble.
    3. les principes généraux de la modification concernant les immeubles non bâtis (les espaces libres) en trois pages : 1, 2 et 3. La préservation des érables est visiblement hors sujet, il est même écrit (page 3) "Il semble inopportun de conserver ces Espaces Boisés Classés".
    4. un schéma de principe de composition d'ensemble (perspective), miniature ci-dessous.
    5. une proposition avec l'indication du nombre de niveaux des bâtiments. On voit que tout a été abattu dans l'îlot Est (y compris les arbres du jardin) Pour le côté Est, une lecture attentive (avec la phrase en gras ci-dessus) montre que tout a été abattu aussi, avec une quarantaine de nouvelles plantations ensuite).
    6. une vue des volumes de face
    7. une proposition d'écriture architecturale


    Tels sont les éléments dont je dispose actuellement. Je rédigerai une disposition que je présenterai ici, probablement selon les orientations que je viens d'exposer ci-dessus. A suivre donc.

    Le 23 décembre 2011
    Les dossiers ne sont disponibles que pour un usage personnel

    Comme je l'avais fait pour les enquêtes sur le tramway et le PLU, j'ai donc exprimé une demande de disponibilité des dossiers sur Internet. Mais contrairement aux enquêtes précédentes, cela a été refusé. On m'a seulement proposé d'acheter les dossiers pour 10 euros (sous CD-rom) à condition que ce soit pour un "usage personnel", donc sans les mettre à disposition sur ce site.

    Je trouve incompréhensible que des documents d'une enquête publique, payée par les deniers publics, ne puissent être utilisés qu'à "usage personnel". Plusieurs villes ont fait le choix contraire d'aller vers l'Open Data (comme Toulouse). A Tours, on en arrive même à régresser.

    Cette enquête ne semble s'adresser qu'à ceux qui en auraient un "usage personnel" (comme les commerçants des deux îlots). Ce n'est pourtant pas écrit dans ce que j'ai lu des dossiers. Les abattages d'arbres, comme l'érection de deux hautes tours concernent pourtant tous les habitants.

    On avait "Une enquête publique en catimini", comme je l'avais titré, elle devient "Une enquête à usage personnel"... Il me reste à apprécier qu'on ne m'ait pas demandé de retirer de la présente page les photos que j'ai faites de quelques pages des dossiers. Ca peut toujours être pire...


    Le 4 janvier 2012
    Le projet de 1992 n'abattait pas les arbres du square

    Le bulletin de Tours Actualités n°41, de mai 1992, présentait un projet de parking souterrain sur l'îlot Est, par la derniète municipalité de Jean Royer. On voit que les arbres du square Prosper Mérimée étaient gardés, peut-être aussi quelques érables du parking :



    Les chapitres qui suivent ont été ajoutés après la parution du livre Tours et ses arbres qu'on ne laisse pas grandir

    Le 7 janvier 2012
    Vélorution Tours proteste contre les futurs abattages


    Devant les arbres condamnés du square Prosper Mérimée...



    Le 11 janvier 2012
    Ma déposition à l'enquête publique

    Vous trouvez ici ma déposition à l'enquête publique (5 pages au format pdf). Elle reprend, sous une forme différente, avec quelques compléments, ce qui est écrit sur la présente page.


    Le 23 février 2012
    Les conclusions du commisseur-enquêteur

    En attendant mes commentaires (et que j'en sache plus), quelques liens du site de la NR : 1, 2, 3, 4.

    Avec retard, début mars,les conclusions du commissaire-enquêteur sont sur cette page du site de la préfecture.
    Je souligne la bonne volonté de la préfecture qui a rendu ce document public, alors que la mairie de Tours ne la voulait disponible que pour les riverains et a maintenu la confidentialité des dossiers d'enquête. Il semble qUe, pour les enquêtes futures, elle veuille persister en cette voie anti-démocratique.


    Le 26 mars 2012
    Un nouveau bras d'honneur municipal

    Voici mon analyse des conclusions du commissaire-enquêteur, en ce qui concerne principalement le sujet des arbres.

    Je note d'abord le double jeu de la mairie, qui s'est exprimée à la demande du commissaire. En opposition apparente à ce qu'elle a écrit dans les dossiers, elle déclare : "Dans le plan proposé pour la modification, les espaces boissés classés sont conservés car ils ne peuvent être supprimés que dans le cadre de la révision. La question ne relève donc pas de la présente enquête mais rel-vera de celle de la révision di PSMB. Les dessins donnés en fin de dossier ne le sont qu'à titre illustratif.".

    C'est une façon de dire au commissaire qu'il n'a pas à s'occuper de ce sujet. Il n'y a aucune dénégation de la volonté exprimée par la phrase "Il semble inopportun de conserver ces Espaces Boisés Classés". Elle est toujours d'actualité, mais ça se décidera à un autre niveau qu'à cette enquête.

    Entre parenthèses, je n'ai toujours pas compris précisément ce qui est Espace Boisé Classé (EBC) en cette zone. Plus c'est flou, plus la mairie a les mains libres pour imposer sa volonté... D'ailleurs, elle souligne avec satisfaction : "L'étude d'impact n'est pas requise dans le cadre d'une modification du PSMV". Et, bien sûr, puisqu'elle n'est pas requise, elle ne sera pas faite.

    La mairie souligne ensuite que le projet est conforme à l'orientation 1 du PADD (activités économiques), sans avoir un seul mot sur l'orientation 4 (développement de la trame verte), qui est plus que jamais négligée (voir ici). Elle minimise aussi la prise en compte du patrimoine historique, oubliant la présence de l'église St Julien.

    Le commissaire-enquêteur souligne que "la Commission Nationale des Secteurs sauvegardés envisage, dans sa conclusion, un réaménagement des EBC mais pas leur suppression". Je ne me souviens pas avoir lu un tel rapport dans les dossiers. C'est un point effectivement positif, mais qui ne semble être qu'un vague souhait qui ne pèsera pas lourd face à la volonté municipale de tout raser.

    Une des quatre "recommandations" du commissaire porte sur l'aspect environnemental. La voici intégralement : "La minéralisation du projet paraît excessive et je regrette l'absence d'arbres dans la partie la plus large du haut de la rue Nationale, comme cela existe*** au début de l'Avenue de Grammont au sud de la place Jean jaurès. De même, il paraît essentiel de préserver la verdure des squares François 1er et Prosper Mérimée même si la future densification des îlots rendre cette mission difficile.". J'ajoute en note *** : plutôt "existait" car, à Jean Jaurès, un tiers des arbres ont été coupé arbitrairement par la mairie l'an dernier (cf ici)

    Dans ses trois autres recommandations, le commissaire souligne la négligence de la mairie envers l'information du voisinage, l'absence de prise en compte du supplément de circulation et la nécessité de ne pas cacher l'église St Julien par la tour Est (soulignant aussi qu'il "ne semble pas nécessaire de bouleverser radicalement les vues du quartier et les repères de la population"..

    Apparemment (article de la NR ci-dessus et conseil municipal de mars), la mairie ne prend pas en compte les recommandations du commissaire, allant jusqu'à dire que la rue Nationale, à ce niveau, n'est pas assez large pour accueillir des arbres et prétendant à une symétrie nécessaire, oubliant qu'elle est cassée par la seule présence de l'église St Julien

    Nous voyons donc là un "remake" de l'enquête publique sur le PLU de l'an dernier (voir ici). Le commissaire-enquêteur s'est montré à l'écoute de la population et a su dégager les axes qui permettraient une large ecceptation du projet. Par contre, il semble méconnaître les manières autocratiques du maire de Tours, il s'adresse à lui de façon beaucoup trop molle (exprimant des "rcommandations" à caractère facultatif et non des "réserves" à caractère obligatoire). Et, comme l'an dernier, le maire lui fait, ainsi qu'à toute la population tourangelle, un bras d'honneur en repoussant l'essentiel de ses "recommandations". Dans quel triste état est notre démocratie locale...


    Le 31 janvier 2013
    Le prétexte de la mauvaise santé

    Les choses avancent lentement mais la menace sur les arbres est toujours présente, à lire dans la NR du 31 janvier 2013 cette remarque désinvolte : "certains, d'ailleurs en mauvaise santé, seront arrachés mais il y aura de nouvelles plantations". On y trouve les habituels arguments d'abattage :
    • les arbres en mauvaise santé doivent être abattus.
    • puisque quelques une des arbres sont en mauvaise santé et doivent être abattus, les autres (en bonne santé) peuvent l'être.
    • ce n'est pas grave puisqu'on replantera.

    Pourtant, je le répète, les arbres en mauvaises santé sont précieux. Cet article du site rue 89 montre, en particulier, leur intérêt pour la présence des précieuses chauve-souris que l'on trouve encore dans notre ville.



    Le 6 juillet 2013 : les craintes ici exprimées se confirment, d'après cet article de la NR.


    Le 25 août 2013
    Les abattages ont discrètement commencé

    On me l'avait dit il y a quelques mois, je n'avais pas vérifié, je viens de le faire. Oui, deux beaux arbres ont déjà été abattus près du Square Mériméé, entre la rue Colbert et l'église St Julien, en voici la preuve. "Le prétexte de la mauvaise santé" semble déjà à l'oeuvre...


    Avant (photo Google Street 2008) et après (juillet 2013)


    Le 16 octobre 2013
    La mairie veut avoir les mains libre pour abattre tous les arbres (PSMV)

    Décidément, la mairie veut en finir avec ces arbres qui les encombre, elle veut tous les abattre et la révision du Plan de Sauvegarde et de Mise en Valeur (PSMV) du secteur sauvegardé lui donne l'occasion de faire sauter le statut d'Espace Boisé Classé (EBC) qui était trop contraignant. J'explique tout ça dans ma déposition sur cette révision du PSMV, avec de nouvelles illustrations sur le projet d'aménagement.



    Première enquête publique 2014 : voir sur cette page voisine
    Appel de l'Aquavit pour le rejet du projet
    Deuxième enquête publique 2014 : voir sur cette autre page voisine



    Le 18 avril 2015
    Le maire empile les cubes beiges et l'ABF mange son chapeau


    Extrait de la plaquette distibuée

    Le projet définitif du Haut de la rue Nationale a été dévoilé ce samedi 18 avril 2015. C'est un non-évènement, tant on reste sur la même empilement de cubes que dans les esquisses précédentes. Ceux qui nous ont dit qu'on allait voir ce qu'on allait voir nous on mené en bateau, il n'y a pratiquement pas d'habillage, si ce n'est, en lui ajoutant du métal et du verre, reprendre celui très neutre du CCC (Centre de Création Contemporaine Olivier Debré), à l'écart des autres immeubles et que certains avaient même pensé détruire tant il ne s'y inserre pas.

    On continue à tricher en montrant une maquette blanche pour mieux ignorer la présence des ardoises, qui manquent cruellement dans ces nouveaux immeubles que l'on aurait pu voir se dresser pareillement à Lille ou Marseille.

    L'Architecte des Bâtiments de France a mangé son chapeau : sa réserve imposant que "Les deux bâtiments proue façade nord de part et d’autre de la rue Nationale ne devront pas entrer en concurrence visuelle avec le clocher de l’église St Julien" n'a pas été respectée.

    Le maire, lui, a retourné sa veste par rapport à ses discours du mois de janvier où il prétendait ne plus vouloir de "cubes beiges" à Tours. Il en met à l'un des endroits les plus symboliques de la ville ! Si encore il disait que ce projet n'est pas le sien mais celui de la municipalité précédente et qu'il a été contraint de le conserver, il aurait quelques circonstances atténuantes. Ce n'est pas le cas.


    Sur la maquette exposée, les ardoises des anciens immeubles sont toutes blanches...

    Nos architectes manquent de créativité et se montrent incapables de marier la modernité et le classicisme d'une architecture dont l'ardoise est un élément essentiel. On a pourtant su le faire, il n'y a pas si longtemps (années 1970), au quartier des Fontaines, mais la mairie et l'ABF se montrent incapables d'amener la création dans cette direction. Ici, c'est d'autant plus désolant qu'on est dans le vieux Tours. Ces cubes dégradent l'entrée par le front de Loire. Les seuls bénéficiaires en seront les riches clients des deux hôtels Hilton, qui auront une superbe vue sur la Loire.

    Articles complémentaires :
    • Les cubes Hilton au Patrimoine de l'Humanité ?", communiqué de l'AQUAVIT du 28 avril 2015
    • Condenser tous les clichés de l’époque dans une opération d’urbanisme , article du site "La Rotative" du 6 mai 2015




    Le 10 février 2016
    L'intox bat son plein

    Alors que ce projet marque une rupture avec l'environnement architectural des lieux, alors que les Tourangeaux sont très réservés, nos décideurs ont financé une importante campagne de comm' pour que chacun adhére et applaudisse. Cela passe aussi par le muselage de toute contestation, notamment en éludant les enquêtes publiques qui permettent à chacun de s'exprimer.

    Plus de détails sur cette sous page Intox et enquête confidentielle 2016 (avec ma déposition à l'enquête).

    Tout cela n'a pas empêché l'AQUAVIT de demander à l'UNESCO si ce projet est conforme aux contraintes qu'imposent le label "Patrimoine mondial Val de Loire", voir cette page.

    Alain Beyrand
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