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    Tours et la pollution lumineuse

    Il y a environ 5 ans (2004), en réunion du Conseil de la Vie Locale, j'étais intervenu sur la pollution lumineuse en notre ville. J'avais rencontré un silence poli et nombreux étaient ceux qui entendaient pour la première fois cette expression de "pollution lumineuse". Depuis, j'ai réaffirmé cette préoccupation en étant le seul à m'opposer à l'achat d'illuminations de Noël. Et en début de cette année 2009, j'ai eu la bonne surprise d'entendre le maire parler de pollution lumineuse, certes de façon encore superficielle, mais c'est une première avancée...

    Voici maintenant que le journal local "La Nouvelle République", en son édition du 10 septembre, aborde pour la première fois (me semble-t-il) le sujet, et de façon pertinente (voir ici) (sur le sujet on peut aussi se reporter à la page dédiée de Wikipédia). On en n'est pas encore à critiquer les illuminations de Noël, encore moins à vouloir les supprimer, comme après le second choc pétrolier de 1979, mais il faut bien un début...



    Au premier semestre de 2009, je suis intervenu à une réunion du Conseil de la Vie Locale consacré aux économies d'énergie pour avoir des détails sur les chiffres de l'éclairage public. Les réponses m'ont été apportées par les services municipaux à la réunion suivante. Les voici.

    1. Quel est le coût annuel pour la ville de la dépense énergétique des publicités lumineuses et mouvantes ? (pas de réponse)

    2. Le coût énergétique annuel pour la ville de l'éclairage urbain est de 900.000 euros. Quelle est la décomposition de cette somme pour :
      1. l'éclairage urbain (lampadaires) ? 840.00 euros
      2. l'éclairage des monuments (cathédrale...) ? 8.000 euros + 46.000 euros de frais fixes de maintenance (pour 11 sites)
      3. les illuminations de Noël ? 9.000 euros

    3. Et j'ajoute :
      1. Quel est le nombre d'heures moyen d'éclairage par jour d'un lampadaire ? 11 h 30
      2. Quel est le nombre d'heures moyen d'éclairage par jour d'un monument ? 5 h
      3. Pendant combien dejours par année, en moyenne, fonctionnent les illuminations de Noël? 38 jours
      4. Quel est le coût annuel d'installation et de désinstallation des illuminations de Noël? 280.000 euros TTC

    4. Des réponses précédentes, on déduit les résultats suivants (toujours sur un an) :
      1. Si on diminue d'une heure par nuit l'éclairage des lampadaires, quelle économie effectue-t-on ? 3.260 euros (moi je trouve 2a / 3a = 73.000 euros, la différence est due aux coûts d'abonnement, ce qui m'apparaît très étonnant...)
      2. Si on diminue d'une heure par nuit l'éclairage des monuments, quelle économie effectue-ton ? 1.800 euros (= 2b / 3b)
      3. Si on diminue d'une semaine les illuminations de Noël, quelle économie effectue-ton ? 1.660 euros (= 7 x (2c / 3c))
      4. Si on supprime les illuminations de Noël (comme il y a trente ans), quelle économie effectue-t-on ? 289.000 euros (= 2c + 3c)


    Le 12 juillet 2010

    Le dossier d'impact de la 1ère ligne de tramway tourangelle soumis à enquête publique aborde la notion de "pollution lumineuse". C'est bien, sauf que l'application en est oubliée. Cela m'a amené à inscrire la requête suivante sur le registre.
    Pollution lumineuse

    La page 203 (6.10) des "Effets" (Tome 2, E4) présente la prise en compte de la pollution lumineuse. Je pense que le tramway doit, sur ce sujet, prendre de l'avance sur notre temps. Le fait que les zones urbaines traversées sont actuellement déjà éclairées toute la nuit ne justifie pas que le tramway le soit lui aussi. Il doit au contraire donner l'exemple pour que la nuit soit à terme rendue noire pour la faune, la flore et les écosystèmes. Le fait de mettre en place un "fil lumineux blanc" toute la nuit est contraire aux préceptes du Grenelle de l'environnement pour qui les émissions lumineuses abusives "feront l'objet de mesures de prévention, de suppression ou de limitation". Il est notamment important que, contrairement à ce qui est présenté page 86 (Tome 2 E4), le pont franchissant le Cher soit très peu éclairé la nuit, seulement pour un confort minimum des cyclistes et des piétons. Vouloir faire "une recherche plus sensible, plus ludique" pour "une écriture sensible et contemporaine" est un caprice daté d'urbaniste ignorant les réalités environnementales. Et c'est d'ailleurs sans rapport avec la notion directrice de "quatrième paysage". Je demande donc que l'éclairage propre au tramway soit éteint la nuit sur tout le tracé, quand il ne fonctionne plus. Je demande aussi que le ruban lumineux qui éclaire les eaux du Cher sur le pont où passe le tramway soit supprimé. Je demande que ce pont ait un éclairage ne concernant que le passage des cyclistes et piétons. Plus généralement, je demande que dans tout le projet, la lutte contre la pollution lumineuse soit correctement prise en compte, en suivant notamment les recommandations du Grenelle de l'Environnement. (Je signale que la réduction de la pollution lumineuse est un élément à traiter indépendamment de celui d'économie d'énergie, même si ça peut se rejoindre)

    Alain Beyrand
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